Ne draguez pas, ne fumez pas, mais causez…

Dis, à quoi tu penses ? Dis, est-ce que tu aimes ? Voilà les questions dont on harcèle Chéri en permanence. Et pour cause ! Chéri a tendance à rester muet comme une tombe à nos incessantes demandes d'affection intempestives. Comment réussir à le faire parler "sentiment", ou comment comprendre ses silences, c'est toute la question qui est au centre de " Parle, je t'écoute " de Kris Rosenberg (éditions Marabout)

Une petite statistique ouvre la danse dès les premières pages : " les gens mariés ne se parlent en moyenne que cinq minutes par jour ". Les hommes gardent la réputation d'être silencieux et les attentes des femmes en matière d'intimité verbales avec les hommes, celle d'être irréalistes… Tout d'abord, histoire de ne pas attribuer tous les torts à nos pauvres chéris, on nous rappelle que l'on a notre part de responsabilité dans ce conflit de " langage "… Mais oui, parfaitement ! " malgré notre réputation de totale ouverture, nous sommes en fait fermées, mais d'une façon différente. Les hommes se retranchent dans l'action ; nous, dans la gentillesse. " En effet, le comportement "typiquement" féminin consiste à " ouater " nos messages de mécontentement pour adoucir les paroles incisives : " nous agissons avec dissimulation de bien des façons : nous feignons l'orgasme, nous nous faisons désirer et nous laissons gagner l'autre. " bref, nous ne sommes pas entièrement franches, ce qui incite jules à ne pas l'être totalement non plus.
Quant à nos chers et tendres, on s'en souvient, c'est la peur de s'exposer à la vulnérabilité qui lie en partie leur langue et les empêche de quitter leur masque… (Voir et la tendresse, bordel ? )

Pour donner un coup de pouce aux autistes affectifs, l'auteur tape sur quelques préjugés qui ont la dent dure et nous livre quelques mythes démythifiés :

  • La phobie de l'engagement. Nous avons tendance à interpréter les refus de s'engager dans une relation sérieuse de nos hommes comme un désir d'indépendance. Alors que, en vérité " ils redoutent leur propre envie, impérieuse, de fusionner avec la femme et, par conséquent, de devenir moins masculins ".
  • Parler de sentiments, une affaire de femmes. Voici une idée bien ancrée dans les croyances ! Du coup, comme on pense que les hommes sont naturellement réservés, on renonce à donner à chéri l'occasion de s'ouvrir …
  • Pleurer leur prouve combien on les aime Faux ! Cela leur prouve notre fragilité émotionnelle. Ils risquent donc d'éviter de s'éprendre…

Un autre point central est la nécessité de pardonner, de ne pas croire qu'on ne peut rien changer au passé. On peut toujours modifier ou colorer différemment des souvenirs… Et puis rappelez-vous… Au début d'une relation, on se dit tout. Alors pourquoi ça devrait changer ?